VINCENT ARCACHE (FR)

La capitale française a récemment été témoin d’un événement étrange: au coeur même de la ville on a vu surgir du jour au lendemain un pavé en mousse. Non, il ne s’agit pas d’un phénomène paranormal mais d’un projet street art signé par l’artiste Vincent Arcache et intitulé Le Pavé en mousse, titre insolite qui renvoie à la fois au célèbre mai ‘68 et a la pataphysique d’Alfred Jarry.   
Situées à mi-chemin entre le street art et la figuration libre, les oeuvres de Vincent  Arcache respirent le dynamisme, la couleur et l’humour, proposant un langage visuel qui est relayé en permanence par la présence ludique de l’écriture. Des titres comme Automatic miouzic, Ouch, Electro gittaren, The yellow shoes signalent un univers esthétique de la spontanéité et du jeu dont l’artiste ne reste cependant jamais le prisonnier. Pas même par amusement.  

Qu’est-ce que vous pensez de l’intérêt aigu des media pour le street art?

Aujourd’hui en milieu urbain, vous ne pouvez pas échapper au «  street art » il  est partout et c’est d’ailleurs son but et sa raison d’être, si vous habitez une grande ville européenne, vous vivez avec depuis une trentaine d’années. C’est un fait, une réalité quotidienne, donc les média s’en emparent cherchant un peu à récupérer  un mouvement qui se voulait autonome et qui refusait le circuit traditionnel de diffusion et ce, de manière subversive, son seul et unique média étant la rue.
C’est amusant et paradoxal, le street art est maintenant relayé par les média auxquels il voulait échapper.
Et puis les grands patrons de média sont de cette génération, c’est comme pour le rock, il a fallu 30 ans pour qu’il soit pris en considération par les média, les adolescents ont grandis et sont devenus journalistes, patrons de presse ou animateurs télé.

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Quelle est, selon vous, « la capitale » du street art aujourd’hui?

Je pense que les capitales européennes ont été novatrices en même temps (au début des années 80 ‘) même si les tags et les grafittis étaient typiquement américains l’idée du street art incluant le pochoir, les affiches, les flyers ou la mosaïque est typiquement européen. à Paris dans las année 80’ il se passait des choses vraiment formidables : Jeff aérosol, Misstic, Speedy Grafito, les frères Ripoulin, Jean Faucheur, jerôme Mesnager sont de cette génération. Aujourd’hui le mouvement est très européen, Bansky a fait de très belles choses à Londre. Paris était riche en street art il y a 30 ans parce que de nombreux quartiers de la ville était en démolition et en reconstruction. Donc, le conseil que je donnerais  à quelqu’un qui veut voir du «  vrai bon street art » serait le suivant « cherche une capitale émergente en cours de reconstruction »

Quand est-ce que vous êtes arrivé à ce style?

Je ne me réclame pas directement du street art car je travaille ma peinture dans mon atelier, de manière classique, sur de la toile. Ensuite je peux m’amuser  à coller des reproductions de mes tableaux dans la rue. Si ce sont deux démarches parallèles, elles sont différentes.
Je fais partie de cette génération qui a peint sur les murs ou sur les panneaux publicitaires, donc les influences sont les mêmes. La figuration libre et le street art sont étroitement liés.

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Pensez vous que votre style va évoluer a l’avenir vers quelque chose de différent?

Sans aucun doute, mais je ne saurais pas vous dire vers quoi. Je pense qu’il ne faut pas être prisonnier de sa marque de fabrique C’est le problème du street art, il enferme l’artiste dans son style comme une marque déposée, ou un logo dont il est difficile de se départir.

Vous préparez longtemps à l’avance vos peintures?

Pas du tout, je suis dans une improvisation totale, ce qui me fait perdre un temps fou.
En contre partie, je dessine énormément, je remplie des carnets de croquis et je crayonne sur toutes les feuilles de papier que je trouve, donc fatalement, il y toujours des détails dans mes tableaux qui sont  issus de ce travail, mais il n’y a jamais de maquette préalable, j’attaque la toile directement ce qui m’angoisse souvent car jusqu’à la dernière minute il y un doute sur l’issue du travail;  puis juste à la fin je m’en sors miraculeusement. C’est une petite aventure.

A voir la 2eme partie>>

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